Association Femmes Féminisme Recherche Suisse
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Acte du colloque de l'Association Suisse Femmes Féminisme Recherche du 24 mai 2002,
Université de Berne

Christine Michel, Sabin Bieri, Natalie Imboden, Corinna Seith (éd.)


La réforme universitaire     Le pouvoir     Les sexes

La réforme de l'enseignement supérieur dans une perspective féministe

La réforme du paysage universitaire suisse avance à un rythme effréné. Parce que l'éducation fait partie de ressources vitales de la Suisse et, à ce titre, détermine les perspectives d'avenir de l'économie mais aussi de la société, parce que des sommes considérables sont en jeu, le systéme universitaire et la recherche suscitent l'intérêt du public. La réforme des universités fait donc parler d'elle en Suisse. On se demande quels sont les instruments adéquats pour assurer à la rechrche suisse une position de pointe, pour attirer la relève nécessaire et pour éviter le départ à l'étranger des chercherus et chercheuses de qualité. La création des hautes écoles spécialisées (HES) et l'application de la Déclaration de Bologne ont mis en lumière l'importance économique et sociale des formations tertiaires. Les mesures d'économie conduisent également à s'interroger sur l'efficacité de la gestion des universités. Pour résumer, les enjeux déclarés sont l'amélioration de l'efficacité et de la qualité, la compétitivité internationale ainsi que l'encouragement de l'innovation et de l'excellence dans le système universitaire et la recherche suisses.

Bien que la nécessité de promouvoir les femmes dans le domaine scientifique et la recherche soit un postulat reconnu et que la politique de l'égalité ait été institutionnalisée dans les universités et les hautes écoles ces dernières années, il n'y a pas eu à ce jour d'étude systématique des effets des réformes sur la situation de étudiantes et des scientifiques femmes dans le système universitaire et la recherche. C'est ce qui a conduit la FFR a organiser, le 24 mai 2002, un colloque sur la rérome universitaire, le pouvoir et les sexes pour analyser les réformes en cours du point de vue féministe.

Ce congrès, qui a attiré un public nombreux, a été mis sur pied en collaboration avec la Section de l'égalité entre femmes et hommes de l'Université de Berne, le Centre interdisciplinaire de recherches femmes et d'études genre de l'Université de Berne et la Commission d'Ègalité de l'Union des Étudiant-e-s de Suisse (UNES).

A la fin du colloque, une prise de position comportant des revendications a été adoptée à l'attention des responsables de la politique universitaire et scientifique. Grâce aux oratrices, les exposés et les débats du congrès ont pu être reproduits sous forme écrite.

Pour l'Association Suisse Femmes Féminisme Recherche, le débat sur les universités est à la base une question de démocratie. Dans les  débats à venir, on se demandera pour quoi et pour qui il faut créer quels savoirs, autrement dit quelle dose de discrimination et quelle dose de non-démocratie un pays qui se veut un pôle d'excellence scientifique peut se permettre. Mais avant d'aborder cette nécessaire discussion, il faudra "démasculiniser" des catégories de pensée - telles que la qualité, l'excellence, la performance, l'innovation, l'efficacité ou encore la compétitivité - afin de les enrichir et de les compléter par des contenus puisés dans débats de société plus anciens sur des sujet comme l'émancipation, la démocratie, la justice et l'égalité des chances. Nous espérons y contribuer par cette publication.

 

 
 
«FemWiss est une plateforme qui réunit des femmes de differents horizons, ce qui permet de donner une large assise à nos revendications.»

Sabine Kradolfer,
Université de Lausanne, Institut d'antropologie et de sociologie